Université, recherche et innovation : former aujourd’hui pour répondre aux défis de demain

Publié le 20 août 2026

Université, recherche et innovation : former aujourd’hui pour répondre aux défis de demain

Comment l’université peut-elle préparer les scientifiques et professionnels de demain dans un monde marqué par les transitions environnementales, l’intelligence artificielle et l’évolution rapide des métiers ? À l’Université Claude Bernard Lyon 1, formation, recherche et innovation sont pensées comme les différentes facettes d’une même mission : produire des connaissances, les transmettre et les mettre au service de la société.

Réunis lors de Forum LABO Lyon, trois représentants de l’Université Claude Bernard Lyon 1 ont partagé leur vision de l’université de demain : François Lux, vice-président en charge de l’innovation, Gilles Escarguel, vice-président en charge de la transition écologique et environnementale, et Nathalie Millard-Pinard, directrice adjointe à la formation de la Faculté des sciences.

Formation et recherche : un écosystème indissociable

La force du modèle universitaire repose d’abord sur une relation étroite entre enseignement et recherche. Les formations s’appuient sur les compétences développées au sein des laboratoires, tandis que ces derniers accueillent à leur tour des étudiants issus de ces cursus.

Mais l’université doit également rester connectée aux transformations de la société et aux besoins du monde socio-économique. L’enjeu n’est plus uniquement de transmettre des connaissances scientifiques : il s’agit de préparer les étudiants à des métiers qui évoluent rapidement, tout en développant des compétences plus transversales.

Gestion de projet, communication, entrepreneuriat, transition écologique, numérique ou encore intelligence artificielle viennent ainsi progressivement compléter les enseignements disciplinaires. Les doubles compétences et l’interdisciplinarité prennent également une place croissante dans les parcours.

Faire évoluer les façons d’apprendre

Les attentes des étudiants ont elles aussi changé. La recherche de sens, l’employabilité et la flexibilité des parcours occupent désormais une place importante.

Face à cette évolution, les pratiques pédagogiques se diversifient : classes inversées, enseignements plus interactifs, quiz, mises en situation ou encore réalité virtuelle.

Dans certaines formations liées au nucléaire, par exemple, la réalité virtuelle permet de reproduire un environnement industriel difficilement accessible aux étudiants. Ils peuvent ainsi être confrontés à des situations proches du terrain sans être physiquement présents dans une installation sensible.

L’internationalisation constitue un autre axe de développement, avec la mobilité des étudiants, les stages à l’étranger et la création de formations enseignées en anglais pour accueillir davantage d’étudiants internationaux.

Former des scientifiques capables de questionner l’innovation

Former les professionnels de demain suppose aussi de développer leur esprit critique.

Une innovation scientifique ou technologique ne peut plus être envisagée uniquement sous l’angle de sa performance. Ses usages, ses impacts environnementaux et ses conséquences sociales doivent également être interrogés.

Cette réflexion concerne directement l’intelligence artificielle, mais aussi les nouveaux matériaux, les nanotechnologies, les biotechnologies ou les innovations liées à l’énergie.

Pour l’université, le défi consiste donc à continuer à encourager la recherche et l’innovation tout en donnant aux étudiants les outils nécessaires pour en questionner les effets. Une démarche qui implique de rapprocher davantage sciences expérimentales, sciences humaines et sociales, économie, philosophie ou encore éthique.

La transition écologique entre dans toutes les formations

À Lyon 1, cette réflexion se traduit notamment par l’intégration progressive d’enseignements consacrés à la transition écologique et à la responsabilité sociétale dans l’ensemble des formations de premier cycle.

Environ trente heures doivent être consacrées à ces enjeux pour tous les étudiants, quelle que soit leur discipline. L’objectif est précisément de ne pas réserver ces questions aux seuls biologistes ou spécialistes de l’environnement.

Un futur informaticien, physicien, sportif ou ingénieur doit lui aussi être capable de comprendre comment son activité professionnelle peut agir, positivement ou négativement, sur le climat, la biodiversité ou les ressources.

Cette approche dépasse le cadre professionnel : l’université considère également qu’elle participe à la formation des citoyens de demain.

Transformer aussi la manière de faire de la recherche

La transition écologique ne concerne pas seulement les enseignements. Elle questionne directement le fonctionnement des laboratoires.

Équipements scientifiques, informatique, consommables, plastiques de laboratoire, maintenance, réparation ou recyclage : la recherche repose sur des ressources dont l’impact environnemental doit désormais être davantage pris en compte.

Selon les éléments présentés lors de la table ronde, les achats représenteraient ainsi 60 à 70 % de l’empreinte carbone d’une université scientifique.

Cette réflexion conduit à une question plus profonde : faut-il uniquement s’interroger sur la manière de faire de la recherche, ou également sur les recherches que l’on choisit de mener ?

L’objectif n’est pas de remettre en cause la liberté académique, mais d’introduire davantage de réflexion sur les bénéfices attendus d’une innovation et ses éventuels coûts environnementaux ou sociétaux.

Une université plus ouverte sur les entreprises et la société

L’université cherche également à renforcer les passerelles entre recherche académique et monde socio-économique.

Laboratoires communs, collaborations avec les entreprises, alternance, interventions de professionnels dans les formations ou création de start-up permettent aux connaissances produites dans les laboratoires de trouver des applications concrètes.

La filière nucléaire en fournit une bonne illustration. Lyon 1 travaille notamment avec des acteurs industriels afin d’identifier les métiers en tension, adapter les cursus et permettre à des professionnels de transmettre directement leur expérience aux étudiants.

Mais l’ouverture ne concerne pas uniquement les entreprises. L’un des enjeux identifiés est également de mieux reconnecter la science au grand public.

L’Université Lyon 1 développe ainsi un programme d’ambassadeurs scientifiques afin de rendre davantage visibles ses chercheurs, leurs travaux et les grandes questions scientifiques auxquelles ils tentent de répondre.

Imaginer une université capable d’inspirer la société

Derrière ces transformations se dessine finalement une évolution plus profonde du rôle de l’université.

Elle n’est plus seulement un lieu où l’on transmet des connaissances ou produit de la recherche. Elle peut aussi devenir un espace où l’on expérimente de nouvelles façons d’apprendre, d’innover, de travailler et de répondre aux grands défis contemporains.

Formation, recherche, innovation, transition écologique et relations avec la société doivent donc fonctionner ensemble.

Avec une ambition commune : former des professionnels capables non seulement de maîtriser leur discipline, mais aussi de comprendre les conséquences de leurs choix et de participer à la construction de solutions utiles à la société.

Article réalisé à partir de la table ronde consacrée à la formation, à la recherche, à l’innovation et à la transition écologique à l’Université Claude Bernard Lyon 1, organisée lors de Forum LABO Lyon.